La revue de presse de l'UAM 93

Le Conseil d'Etat confirme la réintégration d'un bagagiste
Article publié le 24/02/2007 dans Le Parisien

APRÈS le juge des référés du tribunal administratif en novembre dernier, le Conseil d'Etat vient à son tour de donner raison à l'un des bagagistes musulmans de Roissy, auxquels le préfet avait retiré leur badge d'accès aux zones réservées de l'aéroport. Selon la préfecture, ce bagagiste présentait un risque pour la sécurité, en raison de relations amicales avec des gens supposés de mouvance islamiste.

Saisi par le ministère de l'Intérieur après l'annulation de cette mesure par le tribunal administratif, le Conseil d'Etat a pourtant confirmé la réintégration du bagagiste, estimant que le juge des référés n'avait commis aucune erreur de droit en considérant que la décision du préfet souffrait d'une « insuffisance de motivation ».
La plus haute juridiction administrative a également confirmé la condamnation de l'Etat à verser 3 000 au bagagiste, réintégré depuis novembre dernier. Elle a toutefois confirmé une autre décision, à l'opposé de la précédente et concernant un autre salarié de Roissy auquel le préfet avait retiré son badge. Comme le juge des référés avait confirmé cette sanction, le Conseil d'Etat a estimé que « le comportement et les relations » de l'employé, tels qu'ils ressortent de l'enquête faite par l'unité de coordination de la lutte antiterroriste, pouvait en effet « représenter une menace pour la sécurité aéroportuaire ».
Converti au dogme salafiste depuis plusieurs années, selon la préfecture, ce bagagiste avait également effectué un voyage à Djeddah, et suivi une conférence donnée par un imam irakien qui, depuis, a été expulsé de France.


La mosquée espère ouvrir dans 4 mois
Article publié le 24/02/2007 dans Le Parisien

 AVEC SES MOSAÏQUES orientales et ses murs couleur pistache, la salle de prière est presque terminée. Tout comme la salle des ablutions et la mezzanine qui accueillera les femmes durant la prière.
Lancé en décembre 2005 par l'Association cultuelle musulmane, le chantier de la mosquée de Maisons-Alfort avance lentement mais sûrement.

Au gré des dons collectés dans toute l'Ile-de-France, sur les marchés ou via des troncs disposés dans des commerces. Loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat oblige, les 170 000 nécessaires à la construction du bâtiment proviennent en effet exclusivement de la générosité privée.

«Ça fonctionne un peu au ralenti»

« Comme l'argent arrive au fur et à mesure, ça fonctionne un peu au ralenti, reconnaît Hassan Moussaoui, l'entrepreneur en charge de la construction. Deux ouvriers travaillent en permanence sur le chantier. Mais le week-end, des bénévoles viennent donner un coup de main pour nettoyer ou mettre un coup de peinture. »
Si tout va bien, le chantier sera terminé dans quatre mois. Il faudra ensuite attendre le passage des commissions de sécurité. Bâti en lieu et place d'un ancien pavillon, en bordure des quais de la station de RER Vert-de-Maisons, le lieu de culte est modeste : 80 m2 au sol sur un terrain de 500 m2. Mais il sera suffisant pour accueillir les 200 à 300 fidèles qui fréquentent actuellement la cave du foyer Adef, à deux pas de la future mosquée.
« La communauté musulmane attend depuis dix ans la réalisation d'un lieu de culte digne de ce nom, souligne Hassan Moussaoui. Les fidèles vont enfin pouvoir vivre leur religion dans des conditions de sécurité optimale. Ce n'est pas le cas aujourd'hui : si un incendie se déclare dans la cave, il peut y avoir des blessés. Certains
ont même arrêté d'y aller pour dénoncer ce qu'on appelle l’islam des caves. »


Les aides de l'étranger resteraient marginales
Article publié le 24/02/2007dans LE PARISIEN

DANS LES DOUZE mosquées et vingt-cinq salles de prière réparties dans les Hauts-de-Seine, les financements en provenance de l'étranger seraient marginaux, selon un enquêteur spécialiste de l'islam dans les Hauts-de-Seine. « L'essentiel du financement des lieux de culte musulman provient de dons privés, affirme-t-il. La quête est très organisée, et ça peut aller vite. »

Près de vingt mille personnes fréquentent les lieux de culte musulman dans le département. Les quêtes organisées depuis environ cinq ans pour le projet de construction d'une mosquée à Clamart auraient rapporté jusqu'à présent environ 300 000.
Outre les subventions qu'elles versent aux associations culturelles, les collectivités
apportent aussi parfois leur soutien par « des aides indirectes », souligne l'enquêteur. « En mettant des terrains à disposition, le plus souvent avec des baux emphytéotiques (NDLR : d'une durée de dix-huit à quatre-vingt-dix-neuf ans et quasiment sans contrepartie).»


Les mosquées en quête de financements
Article publié le 24/02/2007 dans LE PARISIEN

CERTAINS projets de construction de mosquées patinent. Pour résoudre le problème du financement des lieux de culte, le président de la Coordination islam et société (CIS 92) propose la création d'une association départementale chargée de collecter et de redistribuer les fonds. Reposant en partie sur les dons privés, les projets peinent à avancer à Nanterre, Asnières ou encore à Gennevilliers. Deux ans et demi après la pose de la première pierre de la mosquée Al-Hidaya al-Islamiya, à Asnières, le chantier n'avance que péniblement.

« Le sous-sol est construit, et la chape du rez-de-chaussée devrait être posée d'ici à l'été,
évoque Mabrouk Belayadi, président de l'association culturelle. Nous n'avons pas droit aux subventions, seuls les fidèles cotisent. Et leurs revenus sont modestes... Voilà la situation. »

Un projet de guichet unique pour les donations

A Gennevilliers, l'association Ennour a quêté pendant trois ans auprès des fidèles avant le début de la construction de son lieu de prière, voué à accueillir 1 500 fidèles. Lors de la pose de la première pierre, il y a un mois, il manquait 350 000 pour boucler le budget, évalué à 1,3 M. Les travaux ont néanmoins démarré et la collecte se poursuit.
La proposition Abdel Ghani, le président de CIS 92 qui regroupe les représentants de plusieurs mosquées des Hauts-de-Seine, consiste à créer une « association pour centraliser tous les dons, qu'ils viennent des fidèles locaux ou de l'étranger ». « Les financements de l'étranger sont aujourd'hui bloqués, à cause du manque de transparence et du risque hégémonique que cela peut représenter. Si nous fondions une association départementale avec les pouvoirs publics, les collectivités locales, le CIS 92 et les bailleurs privés, elle ferait office de guichet unique des donations, publiques et privées. On serait dans une situation beaucoup plus transparente. Le donateur postulerait auprès de l'association, et le conseil d'administration déciderait de donner suite ou pas. Et c'est aussi lui qui répartirait ensuite les fonds entre les associations musulmanes du département. »
Selon Abdel Ghani, cette « urne commune » sous contrôle des pouvoirs publics permettrait de faciliter et d'encadrer les projets de mosquées « dans l'attente que, un jour peut-être, la loi de 1905 soit modifiée »(lire l'encadré).

Reste à savoir si la proposition du CIS 92 a des chances d'aboutir. Et surtout si Abdel Ghani est capable de fédérer, souffle un policier, fin connaisseur de l’islam dans les Hauts-de-Seine. Le CIS 92 rassemble surtout des mosquées du nord du département. Les sensibilités sont très diverses dans les salles de prière. » « Idée utopique, renchérit un autre policier. Il faudrait avant tout que cette association départementale soit représentative. Et les tendances sont très différentes selon les salles de prière. »


« En finir avec l'islam des caves »
Article publié le 04/10/2006 dans Le Parisien

 KARIM BENAÏSSA a le sourire. A la tête de l'Union des associations musulmanes de Créteil, il a été le porteur du projet jusqu'à son aboutissement, il y a peu de temps. Il se dit « heureux d'avoir réussi à rassembler » autour de ce projet. Mais si la priorité est, pour lui, d'avoir un « lieu de culte digne », il ne cache pas non plus son désir, le plus fort, d'en « finir avec l' islam des caves qui nuit à l'image de notre religion ». Et à l'entendre, « le seul moyen de sortir de là, c'est de construire un beau bâtiment puisqu'il n'y en a pas ».

« Mais cela a un coût », précise-t-il en expliquant qu'à ce jour son association abrite les fidèles dans deux petites salles d'un bâtiment et deux tentes dressées à l'extérieur pour répondre à l'affluence habituelle durant la période du ramadan. Il aura fallu une « sacrée bonne dose de courage », selon Benaïssa, aux élus locaux, qu'il ne cesse de remercier à chacune de ses phrases, pour soutenir ce projet malgré quelques réticences. Il assure que la partie cultuelle est « financée à 100 % » par les dons de la communauté musulmane, qui ont déjà permis de recueillir 1,.7 M.


 

Les salariés musulmans privés de badges mobilisent
Article publié le 08/11/2006 dans Le Parisien  

 C'EST ce matin que le juge des référés du tribunal de Bobigny examine la requête contre le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, et le préfet de Seine-Saint-Denis, Jean-François Cordet, déposée par sept employés musulmans de l'aéroport de Roissy.
Ces musulmans pratiquants, barbus pour certains, sont accusés par la préfecture de « représenter un danger pour la sûreté aéroportuaire » et même d'être «liés à des mouvances fondamentalistes à visée terroriste », selon le sous-préfet de Roissy,Jacques Lebrot.

Ils ont tenu hier matin une conférence de presse au siège parisien de la CFDT et espèrent obtenir des deux représentants de l'Etat les éléments qui justifient les retraits de leurs badges, ces précieux sésames qui leur permettent de travailler en zone sous douane. « On est en France, en démocratie, je fais confiance à la justice française pour dire que je suis innocent ! », lance Mohammed Seddiki, bagagiste chez CBS WFS, qui, certes s'appuie sur « les cinq piliers de l' islam » mais avoue aller « plus souvent au café qu'à la mosquée ». «Montrez-moi que je suis un danger ! », martèle-t-il, dépité.

Du côté des syndicats de la plate-forme aéroportuaire, c'est le branle-bas de combat. Hier après-midi, une réunion intersyndicale a réuni six organisations - CFDT, CFTC, CGT, FO, SUD et Unsa - autour de la question de l'attribution des badges. Les représentants sont tombés d'accord pour éditer ensemble un tract à destination de l'ensemble des salariés de l'aéroport et mettre en réseau leurs avocats respectifs afin de coordonner au plus vite les différentes actions menées par les salariés musulmans devant la justice.

Alors que les organisations prévoient de se revoir le 17 novembre prochain, des divergences sont apparues hier. Si la CGT, plus gros syndicat de la plate-forme, est en effet partante «pour une puissante journée d'action », la CFDT prône « des formes d'actions différentes ». «Aujourd'hui, on ne manifeste plus sur l'aéroport, au risque de se faire retirer les badges »,justifie Philippe Decrulle, secrétaire général adjoint de la CFDT du groupe Air France.


 

Des bagagistes musulmans interdits de travail
Article publié le mercredi 18 octobre 2006 dans Le Parisien

 UNE ENTREPRISE de manutention qui se débarrasse du jour au lendemain des tapis de prière de ses salariés musulmans, une autre en charge du trafic des pistes qui tente de réglementer le port de la barbe parmi ses employés, 29 lieux de prière fermés entre décembre 2005 et juillet 2006 à l'aéroport de Roissy... Lourd climat sur la première plate-forme aéroportuaire de France où, comme le confirme le sous-préfet Jacques Lebrot, « la vigilance s'est accrue », avec en ligne de mire le terrorisme islamique. Plusieurs salariés musulmans, bagagistes à l'aéroport, viennent de se faire interdire l'accès à la zone sécurisée « sous douane », perdant ainsi, de fait, leur emploi.

Six d'entre eux ont déposé hier un recours en référé au tribunal administratif de Cergy (Val-d'Oise) contre la décision de la préfecture de Bobigny de suspendre leurs habilitations. Ces bagagistes au sein de la société CBS WFS, d'origine maghrébine, musulmans pratiquants et barbus pour certains, ont reçu le 17 août dernier une lettre du sous-préfet les convoquant à un entretien. « Selon les informations dont je dispose, vous auriez une attitude pouvant mettre en cause la sûreté aéroportuaire, au regard de votre comportement personnel », explique la missive. Convoqué, Mohammed-Ali dit être tombé des nues. « Deux agents m'ont posé des questions sur la religion, si des gens prêchaient au travail, si j'avais fait le pèlerinage àLa Mecque. Franchement, je ne voyais pas où ils voulaient en venir », avoue le bagagiste. « On m'a demandé de quelle branche de l'Islam j'étais, alors que je n'en sais rien. On m'a parlé des salafistes... », poursuit Hassen. Finalement privés de badge (sésame nécessaire à l'accès aux zones sous-douane), les six salariés, dont certains travaillent à l'aéroport depuis plus de dix ans, sont convoqués cette semaine à un entretien préalable à leur licenciement.

« Un danger potentiel »

Et ce ne sont pas les seuls. Ces retraits de badges concernent, selon le sous-préfet, « des personnes vulnérables, c'est-à-dire qui présentent un danger potentiel », sans préciser le nombre de personnes concernées sur la plate-forme. « Ils ne sont pas des centaines », indique seulement Jacques Lebrot, en mettant en garde contre les amalgames : « Il ne faut pas penser que l'on est suspect si l'on est musulman, maghrébin et que l'on porte la barbe. Nous avons eu des signalements émanant des douanes, de la police ou de la gendarmerie ». La CFDT avance, elle, le chiffre de « 50 à 60 personnes musulmanes privées de badge, sans compter ceux qui n'osent pas se manifester ». A la CGT enfin, on estime que « le phénomène des copains pratiquants » concerne au moins cinq sociétés et « une action d'ampleur » est d'ores et déjà prévue par le syndicat.


Le sentiment d'« humiliation » de musulmans français
Article publié le 08 Février 2006 dans Le Monde

Une vingtaine de représentants d'associations musulmanes se sont réunis à la mosquée du Pré-Saint-Gervais pour réagir à la publication de caricatures de Mahomet dans « Charlie Hebdo ». Une réunion en forme de veillée d'armes, à la veille de la parution, dans l'hebdomadaire Charlie-Hebdo, de caricatures du prophète Mahomet, s'est tenue à la mosquée du Pré-Saint-Gervais (Seine-Saint-Denis), lundi 6 février dans la soirée. « Nous avons pris l'initiative de cette réunion parce que Charlie Hebdo s'apprête à publier à nouveau les dessins, a annoncé Mohamed Henniche, secrétaire général de l'Union des associations musulmanes de Seine-Saint-Denis (UAM 93) et représentant d'une association de jeunes d'Aulnay-sous-Bois.


Le clan antiblasphème
Article publié le 06 Avril 2006 dans L'Express
Le maire du Raincy, auquel ses administrés ont naguère reproché de stigmatiser les habitants des cités, a agi à la demande de l'Union des associations musulmanes (UAM) du 93, organisatrice de la manifestation parisienne du 11 février dernier contre la publication des caricatures. Gênant? «Un élu est là pour représenter les gens de sa circonscription», réplique-t-il. Les musulmans de Seine-Saint-Denis votent majoritairement à droite: un joli vivier électoral, donc. L'UAM 93, qui souhaite ouvrir un débat national sur l'islamophobie, se réjouit de l'attitude de son député. En revanche, elle a eu moins de chance à gauche: les communistes et les socialistes qu'elle a sollicités ont refusé de participer.


 

 

 

 

 

 

   

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