La revue de presse de l'UAM 93

Peu de place au PS pour les candidats d’origine immigrée de Martinat Philippe
Article publié le 17/10/2007 dans Le Parisien

L E PS n’a-t-il toujours rien compris ? Après avoir échoué à faire entrer à l’Assemblée des représentants de la diversité (une seule élue : la Parisienne d’origine antillaise George Paul-Langevin), les socialistes ne sont pas mieux partis pour les municipales. Après avoir assisté à la promotion gouvernementale de Rachida Dati, Rama Yade et Fadela Amara, ils risquent de se faire damer le pion une nouvelle fois par l’UMP. Le parti de Nicolas Sarkozy envisage d’investir des Français issus de l’immigration comme têtes de liste dans des villes comme Rennes, Aubervilliers ou La Courneuve.
Même si leurs chances de réussite sont réduites dans ces bastions de gauche, le symbole est fort. D’autant que le PS, lui, ne pourra peut-être opposer aucune personnalité issue de l’immigration dans les villes de plus de 20 000 habitants... Ainsi à Dreux (Eure), où l’extrême droite lepéniste fut longtemps très implantée, Rachid Mammeri, un ingénieur proche de François Hollande, doit faire face à six candidatures hostiles. « Un militant m’a expliqué, sans dire les mots, qu’on ne sentait pas ma candidature parce que j’étais un Maghrébin d’origine... » soupire Mammeri. A Orly (Val-de-Marne), Razzye Hammadi, patron des jeunes socialistes, légèrement minoritaire dans sa section, espère encore « une décision nationale » en sa faveur.
A Argenteuil (Val-d’Oise), Faouzi Lamdaoui se heurte à une fédération strauss-khanienne qui a imposé au forceps le conseiller général Philippe Doucet. Pour se dédouaner, la fédération a lancé Hussein Mokhtari à l’assaut de la mairie UMP de Garges. « On veut bien de moi... comme remplaçante » Dans le Nord, Najat Azmy, conseillère municipale déléguée de Roubaix, n’a pas obtenu la place de première adjointe à Tourcoing, ville où elle a fait 49 % des voix aux législatives.
Dans le Rhône, Zora Aït Maten, largement investie pour les législatives par les militants de la 1 r e circonscription, avait dû s’écarter au profit d’un radical de gauche : « Cette fois, on veut bien de moi... comme remplaçante d’un conseiller général, pour servir de caution ethnique », raconte-t-elle. « En 2001, nous avons laissé échapper une trentaine de villes de plus de 10 000 habitants parce que nos listes n’étaient pas diversifiées, ce qui avait provoqué la concurrence de listes citoyennes qui ont fait jusqu’à 10 % de voix.
Je ressens de nouveau cette volonté de se représenter contre nous », explique Fayçal Douhane. « Si on laisse faire les mécanismes habituels, on risque de se retrouver dans la situation de 2001 », avertit George Pau-Langevin. « Il va y avoir plein de dissidents », jure un autre responsable d’origine maghrébine. « Dans les villes de plus de 20 000 habitants, nous aurons entre 250 et 300 adjoints possibles issus de la diversité, ce qui fera du PS le premier parti de France pour la diversité », se rassure Bruno Le Roux, secrétaire national aux élections. « Mais personne n’ose s’attaquer à ce qui se passe localement parce qu’il y a des baronnies qui pèsent dans les congrès, accuse un cadre PS issu de l’immigration.
Les appareils locaux se reproduisent par consanguinité et cooptation. » « Il y a encore un long chemin », soupire Fawaz Karimet. Aux législatives, ce vétérinaire investi par le PS a été éliminé au 1 e r tour par le sortant socialiste dissident, René Dosière. Discipliné, il a appelé à voter pour lui au second tour.


Querelles préélectorales au PS en Seine-Saint- Denis et dans le Val-d'Oise
Article publié le 22/09/2007 dans Le Monde

Six mois avant les élections cantonales de 2008, les socialistes se disputent déjà la présidence du conseil général de Seine-Saint- Denis... dont ils n'ont pourtant pas encore réalisé la conquête. Dirigé par le Parti communiste, qui compte quinze élus, à égalité avec le PS, le département pourrait basculer à la faveur du prochain scrutin. Une victoire promise qui suscite un trop-plein de candidatures.
Outre Pascal Popelin, fabiusien et conseiller général de Livry-Gargan, et Gilbert Roger, élu de Bondy et soutien de Ségolène Royal, se sont manifestés deux députés. Il s'agit de Claude Bartolone, bras droit de Laurent Fabius, et Bruno Le Roux, secrétaire national du PS aux élections, proche de François Hollande. Tous deux anciens membres du conseil général, ils doivent, pour espérer conquérir la présidence du département, ravir au préalable des cantons détenus par le PCF ou par les Verts. Ce qui, estiment certains responsables fédéraux, va singulièrement compliquer les négociations entre le PS et ses alliés, en particulier le PCF, qui, bien qu'en déclin, a assez bien résisté lors des dernières législatives. Le 19 septembre, dénonçant "le spectacle donné par les instances nationales du Parti socialiste", M. Popelin a démissionné de son poste de premier secrétaire de la fédération, mais confirmé sa candidature à la tête de l'assemblée départementale.
"Il s'agit d'un conflit de personnes, pas d'une crise politique", estime M. Bartolone, qui affirme avoir été sollicité par des élus fabiusiens mais aussi strauss-kahniens. Il indique n'avoir l'intention de se présenter devant les électeurs - à Pantin ou à Bagnolet - que s'il est assuré du soutien du groupe socialiste pour accéder à la présidence. Quant à M. Le Roux, il n'a pas l'intention d'aller à l'épreuve de force avec les fabiusiens. "Si Claude Bartolone souhaite y aller, je ne réfléchirai même pas à ma propre candidature" , prévient-il. Dans cette éventualité, il renoncerait à effectuer son retour au conseil général.
"INDIGNÉ"
A Argenteuil (Val-d'Oise), c'est la perspective des élections municipales qui divise les socialistes. Ancien jospiniste, proche de M. Hollande, Faouzi Lamdaoui est en conflit ouvert avec la fédération départementale, qui refuse de "geler" la procédure de désignation des candidats, comme l'exige la Rue de Solferino, favorable à l'enracinement local du secrétaire national du PS à l'égalité des chances.
Parachuté à Argenteuil en tant que candidat de la "diversité", M. Lamdaoui a échoué de peu aux législatives contre Georges Mothron (UMP), élu maire d'Argenteuil en 2001 au terme de 81 ans de gestion communiste. Faisant valoir que M. Lamdaoui a réalisé un score inférieur de dix points à celui de Ségolène Royal dans la circonscription et que d'autres candidats de la diversité sont présents dans le département, la fédération du Val-d'Oise préfère voir se départager deux "locaux". Jeudi 20 septembre, M. Lamdaoui a renoncé à participer à une assemblée générale très tendue. "Indigné que l'on oppose les uns aux autres des candidats d'origine étrangère" , le secrétaire national à l'égalité des chances conteste également la validité de la liste des adhérents qui sera utilisée le 26 septembre en vue de désigner celui qui conduira la bataille pour la mairie d'Argenteuil.
Jean-Michel Normand


Les socialistes d'Argenteuil engagent un bras de fer avec la direction nationale
Article publié le 22/09/2007 dans Le Figaro

Trois candidats s'affrontent pour obtenir l'investiture du parti, face au maire UMP sortant d'Argenteuil.
ILS SONT trois socialistes sur les rangs pour affronter aux municipales de 2008, Georges Mothron, le maire UMP sortant d'Argenteuil, dans le Val-d'Oise.
La tension monte entre les trois postulants à l'investiture, Philippe Doucet, Alain Leikine, conseillers généraux, et Faouzi Lamdaoui, battu aux législatives. Avec, en toile de fond, un conflit entre la fédération du Val-d'Oise et la direction du PS sur le processus de désignation du candidat. « Les militants s'exprimeront par un vote le 26 septembre et la fédération se rangera derrière ce choix », explique le premier secrétaire fédéral, Dominique Lefebvre.
La direction du PS, elle, s'y oppose. Dans un courrier daté du 19 septembre, le secrétaire national aux élections, Bruno Le Roux, appelle Dominique Lefebvre à « geler » cette procédure « afin de permettre un échange entre la fédération, la direction du parti et la commission électorale ».
Un échange qui doit permettre d'assurer « la diversité » et « le renouvellement » des têtes de listes, explique Faouzi Lamdaoui, proche de François Hollande, qui se sent légitimé par son « score historique » de 49 % aux législatives. Selon un élu du Val-d'Oise, le PS « veut faire d'Argenteuil une ville symbole sur la question de la visibilité des minorités, au détriment de la démocratie interne ».
«Faute politique»
Alors que les deux autres candidats en lice, le strauss-kahnien Alain Leikine, et Philippe Doucet, sont « favorables au vote des militants », Faouzi Lamdaoui refuse d'y participer « tant que les conditions de transparence et de démocratie ne seront pas respectées par la fédération ».
Dominique Lefebvre, lui, est catégorique. Le vote aura bien lieu mercredi. « Engager une procédure qui ne passerait pas par les militants serait une faute politique », dit-il. Avant d'ajouter : « Parce qu'il craint de le perdre, Faouzi Lamdaoui essaie de se soustraire au vote. Et cherche à le discréditer. »
Comme le prévoient les statuts du PS pour les villes de plus de 20 000 habitants, les instances nationales se prononceront sur le vote des militants, le 15 décembre. Un désaccord entre la base et la direction du parti affaiblirait les chances du PS face à la droite. Seul constat sur lequel s'entendent, aujourd'hui, les socialistes du Val-d'Oise.


Municipales : le PS se déchire pour Argenteuil
Article publié le 17/09/2007 dans Le Parisien

QUEL SOCIALISTE affrontera le maire sortant UMP d' Argenteuil, Georges Mothron, aux élections municipales en mars prochain ? Difficile à dire, car à six mois du scrutin cela ne s'arrange pas entre les différents postulants, Philippe Doucet, Alain Leikine - tous deux conseillers généraux - et Faouzi Lamdaoui, candidat (battu) aux dernières législatives. A tel point que la commission nationale électorale du PS a déjà abordé la question, lors de sa dernière réunion, mercredi.
L'ancien ministre Alain Richard, maire de Saint-Ouen-l'Aumône, a beau avoir fait tout spécialement le déplacement pour défendre la cause d'Alain Leikine, favori de la fédération val-d'oisienne, ses membres ont demandé aux dirigeants du PS départemental d'arrêter la procédure de désignation de la tête de liste sur la ville. Au début du mois, Bruno Le Roux, secrétaire national en charge des élections au sein du PS, avait déjà fait une demande similaire. « Argenteuil fait partie des villes dans lesquelles une candidature issue de la diversité est envisageable compte tenu des résultats obtenus lors des dernières élections législatives », avait justifié le député de Seine-Saint- Denis, souhaitant entamer une discussion avec la fédération « pour étudier la situation politique de la ville ». « On a commencé un combat, on le poursuit, décrypte Faouzi Lamdaoui. C'est la première fois que le PS accède au deuxième tour des législatives à Argenteuil. On ne peut pas balayer d'un revers de main 49 % des voix... »
Vote des militants ou pas, les partisans de Lamdaoui ont d'ores et déjà demandé le contrôle de la liste des adhérents de la section d' Argenteuil, qui compte près de cinq cents membres. « Plus d'une soixantaine de jeunes, ayant participé activement aux dernières campagnes (présidentielle et législative), ont été illégalement rayés du fichier », dénonce Zineb Akharaz, la présidente des JAB (Jeunes d'Argenteuil- Bezons), proches de l'ancien candidat aux législatives. Ces radiations inexpliquées comptent parmi les nombreuses anomalies constatées dans le fichier des adhérents de la section. Dans ces conditions, et malgré l'entêtement à vouloir organiser un vote des militants, aucune désignation démocratique n'est possible ! »
Et la jeune militante, un brin déboussolée, de citer l'exemple de la conseillère municipale PS d' Argenteuil Chantal Juglard (pro-Lamdaoui), dont la légalité de l'adhésion est « en vérification ».


Bruno Leroux: "Je propose un recensement de tous les camarades qui veulent être tête de liste"
Article publié le 12/09/2007 dans Le Bondy Blog

MUNICIPALES- DIVERSITÉ Le secrétaire national du PS aux élections admet qu'un comptage implicite des candidats issus de l'immigration aura lieu
Secrétaire national du Parti socialiste chargé des élections, Bruno Leroux est l'homme clé de la désignation des têtes de liste aux élections municipales de mars prochain. La question doit être débattue ce mercredi, à Paris, au sein de la commission électorale du PS. En France, aujourd'hui, il n'y a pas, sinon extrêmement peu, de maires issus de l'immigration maghrébine ou subsaharienne. Bruno Leroux affirme que des efforts seront entrepris pour faciliter la désignation comme têtes de liste, et donc possibles futurs maires, de militants de cette diversité-là. Il leur demande d'aller à lui pour se faire connaître. Le secrétaire national règle par ailleurs ses comptes avec "certains membres" de l'association socialiste Prairial 21, qui ont fait de la représentation de la diversité en politique leur cheval de bataille et qu'il accuse de tenir des "discussions de salon".
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Faouzi Lamdaoui : "Aux municipales, place aux quartiers populaires"
Article publié le 05/08/2007 dans Le Journal du dimanche

Candidat malheureux mais prometteur - il a obtenu 49% - aux législatives à Argenteuil, Faouzi Lamdaoui, n'a pas pour autant baissé les bras. Cet ingénieur logisticien de 44 ans explique au JDD son combat pour la diversité, dont il entend faire un pilier de la rénovation, comme secrétaire national du PS à l'égalité, la diversité et la promotion sociale.
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Le Conseil d'Etat confirme la réintégration d'un bagagiste
Article publié le 24/02/2007 dans Le Parisien

APRÈS le juge des référés du tribunal administratif en novembre dernier, le Conseil d'Etat vient à son tour de donner raison à l'un des bagagistes musulmans de Roissy, auxquels le préfet avait retiré leur badge d'accès aux zones réservées de l'aéroport. Selon la préfecture, ce bagagiste présentait un risque pour la sécurité, en raison de relations amicales avec des gens supposés de mouvance islamiste.

Saisi par le ministère de l'Intérieur après l'annulation de cette mesure par le tribunal administratif, le Conseil d'Etat a pourtant confirmé la réintégration du bagagiste, estimant que le juge des référés n'avait commis aucune erreur de droit en considérant que la décision du préfet souffrait d'une « insuffisance de motivation ».
La plus haute juridiction administrative a également confirmé la condamnation de l'Etat à verser 3 000 au bagagiste, réintégré depuis novembre dernier. Elle a toutefois confirmé une autre décision, à l'opposé de la précédente et concernant un autre salarié de Roissy auquel le préfet avait retiré son badge. Comme le juge des référés avait confirmé cette sanction, le Conseil d'Etat a estimé que « le comportement et les relations » de l'employé, tels qu'ils ressortent de l'enquête faite par l'unité de coordination de la lutte antiterroriste, pouvait en effet « représenter une menace pour la sécurité aéroportuaire ».
Converti au dogme salafiste depuis plusieurs années, selon la préfecture, ce bagagiste avait également effectué un voyage à Djeddah, et suivi une conférence donnée par un imam irakien qui, depuis, a été expulsé de France.


La mosquée espère ouvrir dans 4 mois
Article publié le 24/02/2007 dans Le Parisien

 AVEC SES MOSAÏQUES orientales et ses murs couleur pistache, la salle de prière est presque terminée. Tout comme la salle des ablutions et la mezzanine qui accueillera les femmes durant la prière.
Lancé en décembre 2005 par l'Association cultuelle musulmane, le chantier de la mosquée de Maisons-Alfort avance lentement mais sûrement.

Au gré des dons collectés dans toute l'Ile-de-France, sur les marchés ou via des troncs disposés dans des commerces. Loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat oblige, les 170 000 nécessaires à la construction du bâtiment proviennent en effet exclusivement de la générosité privée.

«Ça fonctionne un peu au ralenti»

« Comme l'argent arrive au fur et à mesure, ça fonctionne un peu au ralenti, reconnaît Hassan Moussaoui, l'entrepreneur en charge de la construction. Deux ouvriers travaillent en permanence sur le chantier. Mais le week-end, des bénévoles viennent donner un coup de main pour nettoyer ou mettre un coup de peinture. »
Si tout va bien, le chantier sera terminé dans quatre mois. Il faudra ensuite attendre le passage des commissions de sécurité. Bâti en lieu et place d'un ancien pavillon, en bordure des quais de la station de RER Vert-de-Maisons, le lieu de culte est modeste : 80 m2 au sol sur un terrain de 500 m2. Mais il sera suffisant pour accueillir les 200 à 300 fidèles qui fréquentent actuellement la cave du foyer Adef, à deux pas de la future mosquée.
« La communauté musulmane attend depuis dix ans la réalisation d'un lieu de culte digne de ce nom, souligne Hassan Moussaoui. Les fidèles vont enfin pouvoir vivre leur religion dans des conditions de sécurité optimale. Ce n'est pas le cas aujourd'hui : si un incendie se déclare dans la cave, il peut y avoir des blessés. Certains
ont même arrêté d'y aller pour dénoncer ce qu'on appelle l’islam des caves. »


Les aides de l'étranger resteraient marginales
Article publié le 24/02/2007dans LE PARISIEN

DANS LES DOUZE mosquées et vingt-cinq salles de prière réparties dans les Hauts-de-Seine, les financements en provenance de l'étranger seraient marginaux, selon un enquêteur spécialiste de l'islam dans les Hauts-de-Seine. « L'essentiel du financement des lieux de culte musulman provient de dons privés, affirme-t-il. La quête est très organisée, et ça peut aller vite. »

Près de vingt mille personnes fréquentent les lieux de culte musulman dans le département. Les quêtes organisées depuis environ cinq ans pour le projet de construction d'une mosquée à Clamart auraient rapporté jusqu'à présent environ 300 000.
Outre les subventions qu'elles versent aux associations culturelles, les collectivités
apportent aussi parfois leur soutien par « des aides indirectes », souligne l'enquêteur. « En mettant des terrains à disposition, le plus souvent avec des baux emphytéotiques (NDLR : d'une durée de dix-huit à quatre-vingt-dix-neuf ans et quasiment sans contrepartie).»


Les mosquées en quête de financements
Article publié le 24/02/2007 dans LE PARISIEN

CERTAINS projets de construction de mosquées patinent. Pour résoudre le problème du financement des lieux de culte, le président de la Coordination islam et société (CIS 92) propose la création d'une association départementale chargée de collecter et de redistribuer les fonds. Reposant en partie sur les dons privés, les projets peinent à avancer à Nanterre, Asnières ou encore à Gennevilliers. Deux ans et demi après la pose de la première pierre de la mosquée Al-Hidaya al-Islamiya, à Asnières, le chantier n'avance que péniblement.

« Le sous-sol est construit, et la chape du rez-de-chaussée devrait être posée d'ici à l'été,
évoque Mabrouk Belayadi, président de l'association culturelle. Nous n'avons pas droit aux subventions, seuls les fidèles cotisent. Et leurs revenus sont modestes... Voilà la situation. »

Un projet de guichet unique pour les donations

A Gennevilliers, l'association Ennour a quêté pendant trois ans auprès des fidèles avant le début de la construction de son lieu de prière, voué à accueillir 1 500 fidèles. Lors de la pose de la première pierre, il y a un mois, il manquait 350 000 pour boucler le budget, évalué à 1,3 M. Les travaux ont néanmoins démarré et la collecte se poursuit.
La proposition Abdel Ghani, le président de CIS 92 qui regroupe les représentants de plusieurs mosquées des Hauts-de-Seine, consiste à créer une « association pour centraliser tous les dons, qu'ils viennent des fidèles locaux ou de l'étranger ». « Les financements de l'étranger sont aujourd'hui bloqués, à cause du manque de transparence et du risque hégémonique que cela peut représenter. Si nous fondions une association départementale avec les pouvoirs publics, les collectivités locales, le CIS 92 et les bailleurs privés, elle ferait office de guichet unique des donations, publiques et privées. On serait dans une situation beaucoup plus transparente. Le donateur postulerait auprès de l'association, et le conseil d'administration déciderait de donner suite ou pas. Et c'est aussi lui qui répartirait ensuite les fonds entre les associations musulmanes du département. »
Selon Abdel Ghani, cette « urne commune » sous contrôle des pouvoirs publics permettrait de faciliter et d'encadrer les projets de mosquées « dans l'attente que, un jour peut-être, la loi de 1905 soit modifiée »(lire l'encadré).

Reste à savoir si la proposition du CIS 92 a des chances d'aboutir. Et surtout si Abdel Ghani est capable de fédérer, souffle un policier, fin connaisseur de l’islam dans les Hauts-de-Seine. Le CIS 92 rassemble surtout des mosquées du nord du département. Les sensibilités sont très diverses dans les salles de prière. » « Idée utopique, renchérit un autre policier. Il faudrait avant tout que cette association départementale soit représentative. Et les tendances sont très différentes selon les salles de prière. »


« En finir avec l'islam des caves »
Article publié le 04/10/2006 dans Le Parisien

 KARIM BENAÏSSA a le sourire. A la tête de l'Union des associations musulmanes de Créteil, il a été le porteur du projet jusqu'à son aboutissement, il y a peu de temps. Il se dit « heureux d'avoir réussi à rassembler » autour de ce projet. Mais si la priorité est, pour lui, d'avoir un « lieu de culte digne », il ne cache pas non plus son désir, le plus fort, d'en « finir avec l' islam des caves qui nuit à l'image de notre religion ». Et à l'entendre, « le seul moyen de sortir de là, c'est de construire un beau bâtiment puisqu'il n'y en a pas ».

« Mais cela a un coût », précise-t-il en expliquant qu'à ce jour son association abrite les fidèles dans deux petites salles d'un bâtiment et deux tentes dressées à l'extérieur pour répondre à l'affluence habituelle durant la période du ramadan. Il aura fallu une « sacrée bonne dose de courage », selon Benaïssa, aux élus locaux, qu'il ne cesse de remercier à chacune de ses phrases, pour soutenir ce projet malgré quelques réticences. Il assure que la partie cultuelle est « financée à 100 % » par les dons de la communauté musulmane, qui ont déjà permis de recueillir 1,.7 M.


 

Les salariés musulmans privés de badges mobilisent
Article publié le 08/11/2006 dans Le Parisien  

 C'EST ce matin que le juge des référés du tribunal de Bobigny examine la requête contre le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, et le préfet de Seine-Saint-Denis, Jean-François Cordet, déposée par sept employés musulmans de l'aéroport de Roissy.
Ces musulmans pratiquants, barbus pour certains, sont accusés par la préfecture de « représenter un danger pour la sûreté aéroportuaire » et même d'être «liés à des mouvances fondamentalistes à visée terroriste », selon le sous-préfet de Roissy,Jacques Lebrot.

Ils ont tenu hier matin une conférence de presse au siège parisien de la CFDT et espèrent obtenir des deux représentants de l'Etat les éléments qui justifient les retraits de leurs badges, ces précieux sésames qui leur permettent de travailler en zone sous douane. « On est en France, en démocratie, je fais confiance à la justice française pour dire que je suis innocent ! », lance Mohammed Seddiki, bagagiste chez CBS WFS, qui, certes s'appuie sur « les cinq piliers de l' islam » mais avoue aller « plus souvent au café qu'à la mosquée ». «Montrez-moi que je suis un danger ! », martèle-t-il, dépité.

Du côté des syndicats de la plate-forme aéroportuaire, c'est le branle-bas de combat. Hier après-midi, une réunion intersyndicale a réuni six organisations - CFDT, CFTC, CGT, FO, SUD et Unsa - autour de la question de l'attribution des badges. Les représentants sont tombés d'accord pour éditer ensemble un tract à destination de l'ensemble des salariés de l'aéroport et mettre en réseau leurs avocats respectifs afin de coordonner au plus vite les différentes actions menées par les salariés musulmans devant la justice.

Alors que les organisations prévoient de se revoir le 17 novembre prochain, des divergences sont apparues hier. Si la CGT, plus gros syndicat de la plate-forme, est en effet partante «pour une puissante journée d'action », la CFDT prône « des formes d'actions différentes ». «Aujourd'hui, on ne manifeste plus sur l'aéroport, au risque de se faire retirer les badges »,justifie Philippe Decrulle, secrétaire général adjoint de la CFDT du groupe Air France.


 

Des bagagistes musulmans interdits de travail
Article publié le mercredi 18 octobre 2006 dans Le Parisien

 UNE ENTREPRISE de manutention qui se débarrasse du jour au lendemain des tapis de prière de ses salariés musulmans, une autre en charge du trafic des pistes qui tente de réglementer le port de la barbe parmi ses employés, 29 lieux de prière fermés entre décembre 2005 et juillet 2006 à l'aéroport de Roissy... Lourd climat sur la première plate-forme aéroportuaire de France où, comme le confirme le sous-préfet Jacques Lebrot, « la vigilance s'est accrue », avec en ligne de mire le terrorisme islamique. Plusieurs salariés musulmans, bagagistes à l'aéroport, viennent de se faire interdire l'accès à la zone sécurisée « sous douane », perdant ainsi, de fait, leur emploi.

Six d'entre eux ont déposé hier un recours en référé au tribunal administratif de Cergy (Val-d'Oise) contre la décision de la préfecture de Bobigny de suspendre leurs habilitations. Ces bagagistes au sein de la société CBS WFS, d'origine maghrébine, musulmans pratiquants et barbus pour certains, ont reçu le 17 août dernier une lettre du sous-préfet les convoquant à un entretien. « Selon les informations dont je dispose, vous auriez une attitude pouvant mettre en cause la sûreté aéroportuaire, au regard de votre comportement personnel », explique la missive. Convoqué, Mohammed-Ali dit être tombé des nues. « Deux agents m'ont posé des questions sur la religion, si des gens prêchaient au travail, si j'avais fait le pèlerinage àLa Mecque. Franchement, je ne voyais pas où ils voulaient en venir », avoue le bagagiste. « On m'a demandé de quelle branche de l'Islam j'étais, alors que je n'en sais rien. On m'a parlé des salafistes... », poursuit Hassen. Finalement privés de badge (sésame nécessaire à l'accès aux zones sous-douane), les six salariés, dont certains travaillent à l'aéroport depuis plus de dix ans, sont convoqués cette semaine à un entretien préalable à leur licenciement.

« Un danger potentiel »

Et ce ne sont pas les seuls. Ces retraits de badges concernent, selon le sous-préfet, « des personnes vulnérables, c'est-à-dire qui présentent un danger potentiel », sans préciser le nombre de personnes concernées sur la plate-forme. « Ils ne sont pas des centaines », indique seulement Jacques Lebrot, en mettant en garde contre les amalgames : « Il ne faut pas penser que l'on est suspect si l'on est musulman, maghrébin et que l'on porte la barbe. Nous avons eu des signalements émanant des douanes, de la police ou de la gendarmerie ». La CFDT avance, elle, le chiffre de « 50 à 60 personnes musulmanes privées de badge, sans compter ceux qui n'osent pas se manifester ». A la CGT enfin, on estime que « le phénomène des copains pratiquants » concerne au moins cinq sociétés et « une action d'ampleur » est d'ores et déjà prévue par le syndicat.


 

 

 

 

 

 

   

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